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MITTERRAND, François

Lettre autographe deux fois signée à Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais

[Fort d’Ivry], 11 décembre 1938

“JE VEUX SEULEMENT VOUS DIRE CE SOIR QUE MON AMOUR POUR VOUS N’A PAS DE LIMITES ET QU’IL RÉSOUT TOUTES LES QUESTIONS”

2 pp. in-8 (269 x 209 mm), encre bleue. 

CONTENU : 

Ma petite fille bien-aimée,

Suis parti sur cette mauvaise impression que vous ne vouliez pas voir mon visage ? Le fait est que je suis un peu tourmenté. Et pourtant, nous avons passé une si bonne soirée. Nous avons parlé sérieusement ; nous nous sommes dits notre amour. Ma très chérie, je ne puis m’empêcher de m’inquiéter de savoir que vous seriez “effrayée de vous-même” si vous m’écriviez quotidiennement. Cela me torture de penser qu’il puisse exister un seul point sur lequel nous n’ayons pas parfaite entente. Vous savez bien que mon amour pour vous est absolu et ma confiance, aussi, absolue. Et le reste compte peu. Je veux que vous sachiez ma bien-aimée que, si j’attache beaucoup d’importance à notre correspondance, je ne veux pas qu’elle soit d’une régularité réglementaire ! J’ai horreur des règlements, et pourvu que je vous sache toujours mienne, jamais je ne vous tiendrai compte du surplus.

Je vous aime tellement. Je vous l’ai dit : question de vie gagnée ou perdue – un enjeu ! Ce matin, j’ai prié pour nous. Vous étiez près de moi et pourtant loin durant la messe. Il me semble que nous n’avons peut-être pas assez approfondi ensemble notre sentiment à l’égard des questions religieuses et de la conciliation avec notre amour. Je veux seulement vous dire ce soir que mon amour pour vous n’a pas de limites et qu’il résout toutes les questions. Je vous aime d’une telle façon qu’aucune forme de vie ne m’apportera plus de beauté intérieure. Ma toute petite fille, à mercredi 18h-18h15 (si j’avais un bref retard, attendez-moi). J’ai déjà prévu un bon nombre de choses importantes à vous raconter. Écrivez-moi, je vous aime par-dessus tout.

François.

J’avoue que je suis mélancolique à la pensée de vous quitter pour presque trois jours. Je vous sens encore près de moi et vous m’êtes indispensable. Bonsoir ma fiancée chérie. Ne pensez pas trop au temps où vous serez veuve ! Ça me vexerait. Je vous adore.

F.

Coin supérieur droit déchiré sans atteinte au texte