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MITTERRAND, François

Lettre autographe deux fois signée à Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais

[Meuse, près de Stenay], 12 janvier 1940

“EN SOMME, ÇA NE CARBURE PAS TRÈS BIEN”

2 pp. in-12 (210 x 131 mm), encre bleue. 

CONTENU : 

Le 12 janvier 1940

Mon Marizou chéri, avant de te dire bonsoir, je veux t’écrire ces quelques mots pour te prouver que je t’aime. La journée a été toute pareille aux autres. Je suis très las et pour la première fois depuis bien longtemps mon spleen persiste. D’autant plus que les courriers sont en panne pour une cause que j’ignore, ce qui nous sépare complètement du monde. Alors me voici depuis deux jours sans nouvelles de toi et je m’ennuie. Mon Zou chéri, t’aimer est une grande faiblesse. Je ne rêve plus, n’agis plus qu’en raison de toi. Où est mon indépendance ?… Et je ne la regrette même pas, puisque je t’aime “à la folie”.

Ma bien-aimée, le temps est ton avocat : plus je me sens éloigné de toi, plus je comprends que mon bonheur ne repose qu’en toi. Et je sens grandir la hâte de notre mariage, et mes scrupules s’effacent. Ma chérie, comme il est dur de vivre sans rien de toi, sans rien à notre sujet.

En somme, ça ne carbure pas très bien ! Je ne peux plus vivre dans ce présent misérable. Seule, tu peux me donner la force d’être patient (et prudent). Je t’aime, ma pêche chérie. Comme je pense à nos soirées de la semaine dernière. Quelle joie de te sentir tout près de moi, ma bien-aimée, toute à moi. Quel désir de te garder toujours et de t’aimer de tout mon être. Ma déesse chérie, tu peux tout puisque je t’adore.

François

Ma chérie, je t’aime. Tu es tout. Et je t’adore comme on peut le faire et tu es une si merveilleuse déesse. Je t’aime et puisque tu seras ma femme, je veux te dire, comme toujours, que je te désire tellement ; que je ferai de toi la plus heureuse, la plus comblée. Je t’aime et je t’embrasse, parce que rien ne vaut tes baisers, ta douceur, ton amour. Rien ne vaut ce qui nous attend.

Fr.